Extrait de la monographie de l’école publique de Poligny par G. CANTOT en 1888.
Située dans une gorge qui se termine vers l’Occident par la vallée où coule le Loing.
En 1886 lors du recensement :
Poligny (Chef lieu) 262 habitants
Roziers (hameau) 143 habitants
Une partie du hameau de Bouchereau 49 habitants
St Louis (château) 12 habitants
St Paul (château) 3 habitants
La ferme de la Forêt 11 habitants
La Commanderie (maison isolée) 4 habitants
Soit une population totale de 484 habitants.
Notons qu’en 1700 on comptait la population en terme de "feux" (foyers ou familles) et ce n’est qu’en 1790 que l’on se mit à compter en "tête" (habitant).
On compte à cette époque un grand nombre de bois (1313 ha), avec pour essences dominantes le chêne, le sapin, le châtaignier et le bouleau (peut-être à l’origine du toponyme de Boulay, nom de la seigneurie de Souppes et de Poligny car "boulay ou boulaie" désigne un bois de bouleau).
Cultures :
Le territoire cultivable est très fertile et les principales cultures et activités sont :
Toutes les céréales
La pomme de terre
La betterave (à sucre et ordinaire) et oui, déjà !
Les prairies artificielles et fourrages annuels
La vigne
L’élevage du bétail
Un nombre considérable de ruches d’abeilles
Commerce et industrie : La population se partage en cultivateurs et en carriers (notons que la pierre de Souppes a servi à la construction de plusieurs édifices parisiens dont le Sacré Cœur).
Enseignement : Les archives communales ayant été détruites avant 1789, il n’est pas possible de connaître l’état de l’enseignement avant cette date. Dans les registres des délibérations du conseil municipal, on remarque la nomination le 3 mai 1794 du sieur Guelphy comme instituteur national avec pour traitement 300 livres par an. Il est stipulé qu’il ne serait pas payé pendant la période des moissons, l’école étant fermée 3 mois (les élèves sont aux moissons) - et que pour complément de salaire, il pouvait aller faire les moissons. L’instruction a apporté beaucoup au bien-être de la population. Sachez qu’avant 1789, 5 % d’entre eux seulement, savaient lire et écrire. Par exemple, de 1779 à 1789 sur 37 mariages célébrés, 38 époux (hommes/femmes) ont déclaré ne savoir signer. Alors que de 1877 à 1887 sur 23 mariages célébrés, 2 époux ont déclaré ne savoir signer.
Histoire locale : La première mention de Poligny date des environs de 1085 avec un certain Garin de Poligny, peut-être un proche de Foulques vicomte de Nemours. En 1367, Etienne de Blaires qui réside à Chancepoix est seigneur de Souppes, de Poligny et de la Tonnelle. A ce moment, Poligny appartient définitivement à l’ensemble de ce qui sera la seigneurie du Boulay dont le plus notable seigneur du XVIe siècle fut Guillaume de Beaumont. Devenu protestant il terrorisa la région vers 1567-1570. Cette seigneurie fut vendue à la fin du XVIe siècle à Pierre Brulard, secrétaire des commandements du Roi. La terre de Poligny avait le titre de baronnie. Au sud, se trouve le hameau de Roziers (le nom viendrait de la culture des roses de Jérusalem importées par les croisés). Au nord, on voit la ferme de la Forêt (arrière fief du Boulay créé en 1524) dont le seigneur était propriétaire du fief de Poligny conjointement avec les seigneurs du Boulay et de Néronville. Les seigneurs de la Forêt ont leur sépulture dans la chapelle de la vierge de l’église de Poligny. Le dernier de la lignée, Pierre Jean André Denis Claude de Corps, vend la Forêt à Bénigne Joseph du Trousset d’Héricourt seigneur du Boulay, le 28 avril 1780. Son cousin, Antoine de Guerville, occupe la demeure que la famille abandonne pendant la révolution. La Forêt devient alors la ferme isolée que l’on connaît jusque vers 1970. La maison seigneuriale existe encore flanquée d’un énorme pigeonnier.
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Dernière mise à jour : vendredi 6 avril 2012